Le climat entre science dure, science sociale et militantisme.

La question climatique a changé de visage. Nouvel objet de recherche scientifique dans les années 1970, le changement climatique avait pour paradigme dominant la physique : notamment la dynamique des fluides géophysiques, l’émission et l’absorption de la radiation solaire. Depuis, avec l’essor des Modèles Système Terre dans les années 2000, les sciences du vivant, comme la biogéochimie de l’océan, ou la physiologie et l’écologie végétale, ont pris un rôle croissant. En meme temps la question climatique a fait son entrée dans les sciences sociales, l’économie en premier lieu, puis la sociologie, la démographie, et la science politique.
Dans la société civile, une évolution parallèle a eu lieu : le changement climatique a d’abord été un objet de militantisme écologiste, pour diffuser progressivement dans tous les secteurs de la société. C’est devenu ainsi une préoccupation quotidienne pour un vaste secteur de l’économie et de la finance. Enfin, le changement climatique s’est invité dans la diplomatie internationale, jusqu’à devenir un facteur clivant majeur de la géopolitique globale. Certains y voient même le principal enjeu de notre temps. Le prix Nobel de la Paix de 2007 a d’une certaine manière scellé le caractère spécifique de la recherche scientifique sur le climat, pour son bien ou son désavantage.
De ces évolutions et de leurs péripéties, le LMD a été à la fois témoin et acteur principal, des débuts de la modélisation numérique jusqu’au duel politique entre Donald Trump et Emmanuel Macron suite à la sortie des États-Unis de la COP 21.
Cette évolution a-t-elle déterminé notre manière de travailler ? Comment la change-t-elle aujourd’hui ? Comment le nouveau paradigme climatique a-t’il fait évoluer les politiques publiques, les financements de la recherche qui leur sont associées? Nos motivations scientifiques, ambition et générosité, curiosité intellectuelle et sentiment d’une urgence sociale, ont-ils également été impactés par cette évolution?

À l’occasion de son 50ème anniversaire, les chercheurs du LMD vous invitent à discuter de ces thèmes qui leur tiennent à coeur.
Organisation : Fabio D’Andrea (Laboratoire de Météorologie Dynamique de l’ENS)

Inscription à l’événement ici

Un débat public avec
Valerie Masson-Delmotte (climatologue, co-présidente du groupe de travail no1 du GIEC)
Gaël Giraud (Economiste en chef de l’Agence Francaise de Développement)
Sylvestre Huet (Journaliste indépendant, blogueur sur Le Monde.fr)

Moderateur Matteo Merzagora (Directeur de l’Espace Pierre Gilles de Gennes, ESPCI – PSL)

Introduction de Hervé Le Treut

Mardi 13 novembre 2018 à 18h00
Ecole Normale Supérieure
45 Rue d’Ulm, 75005 Paris
Salle Dussane